BPU, DPGF, DQE : remplir les pièces de prix sans se piéger
6 min de lecture · mis à jour le 19/08/2026
Les pièces financières d'un dossier de consultation portent des noms techniques mais répondent à une logique simple : le BPU fixe des prix unitaires, la DPGF décompose un prix forfaitaire, le DQE simule une commande type pour comparer les offres. Confondre leur rôle, ou modifier leur cadre, fait perdre des points, parfois le marché.
1. Qui sert à quoi
Le BPU (bordereau de prix unitaires) liste chaque prestation avec son prix unitaire : c'est la pièce contractuelle des marchés à bons de commande, où les quantités réelles ne sont pas connues d'avance. Chaque bon de commande sera valorisé aux prix du BPU pendant toute la durée du marché, reconductions comprises.
La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) détaille comment se construit un prix forfaitaire : le forfait est contractuel, la décomposition sert à l'analyse et aux acomptes. Le DQE (détail quantitatif estimatif) applique vos prix unitaires à des quantités fictives définies par l'acheteur : il sert à comparer les offres entre elles et n'est en principe pas contractuel.
2. Les règles d'or du remplissage
Ne modifiez jamais le cadre fourni : pas de ligne ajoutée ou supprimée, pas de formule remplacée, pas de cellule fusionnée. L'acheteur compare des dizaines d'offres sur la même trame ; un fichier retouché peut être jugé non conforme.
Aucune case vide : une ligne sans prix est une prestation que vous vous engagez potentiellement à faire gratuitement, ou une cause d'irrégularité. Un prix à zéro doit être une décision assumée et justifiable, pas un oubli.
3. La cohérence entre les pièces
Le montant reporté dans l'acte d'engagement doit être exactement celui du total de la DPGF ou du DQE selon ce que demande le règlement de la consultation. En cas de discordance, le RC prévoit généralement la règle de correction, et le juge administratif considère le plus souvent que les prix unitaires priment sur les totaux.
Relisez les formules avant remise : un taux de TVA erroné, un report manuel faux ou un arrondi incohérent entre pièces sont les erreurs les plus fréquentes et les plus faciles à éviter.
4. Prix trop bas : l'offre anormalement basse
Un prix agressif attire l'attention : si votre offre paraît anormalement basse, l'acheteur a l'obligation de vous demander des justifications avant de pouvoir la rejeter. Préparez-les dès la remise (méthode, sourcing, optimisations réelles) plutôt que d'improviser sous 48 heures.
À l'inverse, ne bradez pas un BPU en pariant sur les quantités : les prix unitaires vous engagent pour toute la durée du marché, y compris si les volumes réels diffèrent de l'estimation du DQE.
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Commencer gratuitementQuestions fréquentes
Le DQE est-il contractuel ?
En principe non : il sert à juger les offres sur une simulation commune. Ce sont les prix unitaires du BPU qui vous engagent. Le règlement de la consultation peut toutefois en disposer autrement.
Peut-on ajouter des lignes ou des variantes dans le BPU ?
Non, sauf si le règlement de la consultation l'autorise expressément. Les variantes ont leur propre cadre de réponse quand elles sont admises.
Que se passe-t-il si l'acheteur détecte une erreur de calcul ?
Le RC prévoit généralement la méthode de correction ; à défaut, les prix unitaires priment le plus souvent sur les totaux. La correction peut modifier votre classement, d'où l'importance de la relecture.
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